Thijssen énervé ?
Je suis plutôt sur la ligne de Nicolas .
Le choix de Thijssen au 43. 43 39 me paraît être le meilleur coup possible avec l’autre variante défensive qui serait 43. 44 39, surtout si on manque de temps (B. Ba est très rapide, Thijssen l’est moins).
En effet, dans la suggestion de Pascal et d’Oscar, appuyée par GT, les noirs ne sont guère menacés en cas de choix corrects ; et les choix corrects ne sont pas difficles. Mais surtout, comme le montre bien Nicolas, on aboutit à une situation de remise facile et rapide pour les noirs, alors que les blancs ayant tout intérêt à ne pas se tromper dans certaines variantes.
Il s’agirait alors d’un choix à double tranchant alors qu’il semble qu’il n’y ait aucune possibilité de gain logique à compter du 38e temps, sauf bourde ; les meilleures variantes (y compris celles indiquées par GT) de part et d’autre aboutissant invariablement à des positions de 2 dames contre 2 avec 2 ou 3 pièces de part et d’autre.
Même le 41. …. 2 -8 des noirs ne me semble pas vraiment porteur de difficulté. Certes la variante indiquée par GT accélère la remise. Mais la question fondamentale est-celle-ci : qui devrait chercher une remise dans cette partie ?
Il apparaît que Thijssen fait une très mauvaise estimation de la partie puisqu’il croît encore un gain raisonnablement possible. Les noirs possèdent de surcroît une foule de gambit qui leur permettent de jouer sans tenir compte des risques d’opposition, compte tenu des facilités de passage en force pour dames qui s’offrent à eux en raison de la position des pièces 25, 30, 35.
En réalité, je crois qu’il est est simplement incompréhensible que thijssen ait joué 47. 45 50 ??
Même si son adversaire avait commis l’approximation attendue au 48e temps et en prenant jouant 7-18, , il n’y aurait aucune possibilité de gain ou d’avantage pour les blancs ! Cela signifie qu’il aurait dû laisser faire la remise paisiblement en jouant 47. 18-12 ! Free for all.
L’ explication qui me vient à l’esprit est que Thijssen était énervé par le style de B. BA. Il faut en effet savoir que que la nonchalence de Bassirou Ba, sa patience disent certains, cette façon de jouer sans aucune provocation et sans ambition apparente, ont toujours agacé au Sénégal, en Afrique ou en Europe. Du coup, souvent, ses succès sont qualifié de chanceux, à tort !
En réalité, c’est surtout un joueur qui met l’accent sur la dissimulation des intentions et des dangers. Mais il ne craint pas la complexité. Quand on va le chercher, on le trouve. Et quand il voit une chance de gain (comme contre Bruno Feret récemment), il montre son savoir-faire ! Il ne s’agit pas réellement d’un jeu en contre-attaque, mais plutôt d’un style en trompe-l’œil.
Ceux qui connaissent les grands serpents (python de Seba, annaconda, python réticulé) savent que leur camouflage et leur nonchalence coûtent la vie à d’autres prédateurs comme des léopard, des jaguars ou des crocodiles !
C’est exactement cela le style de B. Ba qui a été plusieurs fois champion d’Afrique et multi-vainqueurs de tournois de premier rang !
Dans une telle position, il ne faut pas en principe forcer le gain, sauf contre un adversaire manifestement inférieur.