1°) Au début de la compétition, Adelin Bikindou, dans un commentaire publié dans l’excellent blog d’Oscar Lognon, assurait que :
« Cordier et Lognon sont, à mes yeux, les concurrents les plus aptes à triompher. Le premier est le damiste de France le plus rigoureux, même si on peut lui reprocher le recours systématique à un jeu orthodoxe, cependant que le second est celui ayant, au cours des cinq dernières années, le plus progressé ».
On connaît désormais les résultats de la 9e ronde. Adelin semble avoir eu raison mais à moitié car, à deux rondes de la fin, une forte incertitude règne en dépit de l’avance d’un point du duo.
Pour le tournoi (Ndonzi est concerné) comme pour le titre (Nicault est encore concerné), la rencontre entre Lognon et Cordier lors de la 10e ronde sera décisive. Si l’un d’eux l’emporte, les choses seront pratiquement pliées.
Mais, dans les autres cas, attention aux blessures dans l'arrivée groupée des cyclistes !
Il me plaît d'insister sur le fait que les deux joueurs en têtes sont ceux qui ont joué avec le moins de déchets. Certes, chacun d’eux à une partie stratégiquement faible (respectivement contre Ndonzi et contre Martin). Mais la force d’un champion est aussi de limiter les dégâts. Quand ça ne marche pas, on va vers une remise inférieure. Etre solide nerveusement fait partie des atouts du compétiteur. Mais sur ce plan, il faut aussi ajouter la dernière victoire de Nicault, à la 9e ronde. Après avoir perdu bêtement contre Lognon, il a trouvé les ressources pour se remettre en selle, à l’exemple des réactions d’un Schwarzman qui avait eu un début loupé au dernier mondial.
Sur ce plan, les réactions des joueurs moins bien classés font aussi plaisir. On avait enterré Patrick Martin ; mais il est là et termine avec une série de partie de qualité, résultats à l’appui (même si on peut regretter le manque d’ambition contre Lognon) ! C’est aussi le cas de Berçot qui a commencé son championnat de manière calamiteuse pour ensuite redresser la barre, même si cette année il n’accroche pas le podium. La combativité de Guibert et de Nimbi à l’encontre des mieux classés est aussi une manifestation de la qualité de ce tournoi.
Car il faut insister sur ce point, cette série est le tremplin vers les compétitions internationales : à ce stade, il faut cumuler les qualités.
Du coup, on ne peut ignorer le problème des parties loupées bêtement, ou des remises concédées sans lutte. Il s’agit vraiment du bémol le plus regrettable de ce championnat. Après 10 de ces loupés, j’ai cessé de compter. Je reste persuadé que le ronron qu’autorise une sélection trop paisible, fondée exclusivement sur l’ historique (CP), est en partie responsable de cet état des choses. L’émulation s’en trouve limitée.
2°) Maintenant, il faut évoquer les moments les plus intéressants de la 8e ronde.
Prenons les parties à enjeu ou celle dont les moments sont les plus intéressants, dans l’ordre du site officiel magiquement géré par Dammeur.
NICAULT / LOGNON (2/0), ABSENCES ?
Dans une fin de partie sans danger pour lui, Laurent commet une série d’approximations étranges. Coup de pompe, résultat des autres damiers, manque de temps ? Difficile à dire.
La fin de parte commence par une hésitation de Laurent au 46e temps.
Voici la position, après le 34-30 des blancs, les noirs viennent de réagir par 14-19. Il me semble que ce coup, 14-19 est une proposition de remise de la part des noirs. …………………………………………………….

Trait aux blancs
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En cas d’attaque 25-20, les noirs auraient certainement réagi par le forcing commençant par 12-18 puis 19-23. La remise est mécanique en acceptant la dame. Peut-être Laurent a-t-il refusé cette variante en redoutant le gambit 24-29 suivi de 19-23 en raison de la difficulté à estimer les suites si on manque de temps ?
Au 49e temps, ..................

Trait aux blancs
les blancs jouent 43-39 ?
C’est un choix faible et trop passif, puisque dans la position légèrement avantageuse des blancs, ce pion jouait pratiquement le rôle de pion savant avancé. Il aurait mieux valu faire voyager le pion excentré vers 37 et éventuellement vers 32, la position étant complètement saine pour les blancs.
49. 43-39 24-29 !

Trait aux blancs
50. 39-34 ?
Il aurait mieux valu jouer de manière à conserver aux pions blancs la position la plus haute possible, quitte à perdre un pion éventuellement , mais en s’assurant de pouvoir passe en dame très vite, par exemple en jouant carrément 41-36… Je ne vois dans ce type de réaction aucune pression, aucune menace pour à l’encontre des blancs.
Il est réellement dommage de perdre de cette manière et lors du décompte final, ce point pourrait manquer.
CORDIER / DELMOTTE G. (2/0), partie technique et intéressante.
Allons directement au moment décisif, le 31e temps, trait aux noirs après un pionnage blanc 38-32X32.
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Trait aux noirs
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Entre le 19 et le 31e temps, il y a eu cinq échanges, tous destinés à permettre le contrôle de la partie. Le dernier échange de Arnaud est dans la lignée des autres avec ce détail qu’il n’y a plus bcp de pièces et que la position des noirs est moins souple.
31. ….. 14-19 ?
L’enfer va commencer pour les noirs qui sont obligés de jouer le calamiteux 11-17. Désormais les noirs doivent jouer des suites très précises pour trouver une perspective de remise.
32. 32-28 11-17
33. 40-34 19-24 ?
Mais chaque fois que les noirs penseront avoir trouvé une sortie, ils découvriront une menace comme celle que créé le 37. 37-32 qui cloue définitivement le pion 2 ; ou un contre-temps viendra les décourager, comme ce 38. 34-29 !
C’est terriblement bien joué de la part d’Arnaud. Mais je pense que Gilles commet une faute en échangeant 33. 19-24.
Dans ces situations de blocage défavorable et durable, il faut conserver le matériel et fermer le jeu pour provoquer le déblocage ou créer un contre-jeu. Je pense qu’une suite plus intéressante aurait été de jouer 15-20 dans l’idée de suivre avec 19-24 et stationner ces pièces dans cette position qui immobilise les pions blancs 29, 33,34 et 39, tout en mettant hors jeu le pion 50. Cette compensation positionnelle, ajoutée aux temps de réserves des noirs aurait sans doute permis de reprendre du jeu.
Avec l’échange, les choses deviennent très difficiles.
Dans cette partie, on peut penser qu’il y a une certaine somnolence de Gilles. En réalité, c’est surtout qu’Arnaud a une plus grande envie de gagner en même temps qu’un temps de plus de vision dans certaines position.
NIMBI / BEAYAERT (1/1) OCCASIONS MANQUES ?
Encore une belle partie, heureusement !
Au 35e temps, José néglige de sortir d’un marchand de bois qui va finir par être dominant. Il joue plutôt le faible 3-9.
On arrive avant le 51 e temps, trait aux blancs dans cette position.
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Trait aux blancs
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51. 34-29
Je n’aime pas ce coup. Je pensais que 35-30 à la place aurait été gagnant en raison du pionnage 39-33. Ce n’est pas le cas. Je reste néanmoins persuadé que le gain a été manqué dans cette partie.
NDONZI / GUIBERT (1/1)
Une partie classique jouée au millimètre. Comme face à Arnaud, Guibert montre l’étendue de ses connaissances en classique. C’est très simple, à aucun moment il n’est mis en danger par Ndonzi. La partie est pourtant très engagée et dangereuse, en dépit des apparences. Je me demande même pourquoi Guibert redoute le gambit 35-30 et joue 39. 11-17.
Je pense qu’il aurait pu continuer par 9-14 avec des chances d’une erreur de Ndonzi………………………………………………………

Trait aux noirs
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